Flash-back ; La deuxième victime.Il ne voulait pas croire que cela puisse venir de son produit, ce n’était pas possible, ce n’était sûrement que pur hasard, un assassin avait tué la fleuriste, avec ou sans raison, et les poils retrouvés sur les cactus n’étaient qu’une coïncidence. Peut être un chien maladroit, ou une mise en scène… ça ne pouvait pas venir de là… les lettres reçues devaient être l’œuvre de petits farceurs, et le tueur devait déjà être loin, il ne fallait pas s’inquiéter.
Malgré ces pensées pour le rassurer, il ne put s’empêcher de douter de sa théorie… devait-il prévenir quelqu’un ? Les autorités peut être… mais pourquoi faire ? Qui le croirait ? Il passerait pour un fou, et plus personne n’oserait venir chez lui, acheter ses produits. Il devrait fermer boutique, échouer en tant que pharmacien, en plus d’avoir échoué comme père. Christelle, qui ne lui obéissait plus depuis longtemps déjà, avant même que sa mère décède, devrait le voir rater sa vie… non… il ne pouvait accepter cela… Se taire ? Oui, de toute façon, mieux valait ça que finir à l’asile, sans famille, sans amis, sans personne.
Et puis il ne pourrait pas supporter le regard de sa fille le sachant responsable. Il était lâche oui, il le savait.
Il savait bien qu’il serait l’un des derniers à mourir, ‘ils’ l’avaient prévenu. Mais il n’avait en rien imaginé que sa fille chérie serait la suivante. Il avait espéré s’enfuir avec elle… ce fut sans compter la colère des loups, ces loups nouveaux qui n’avaient pas accepté, ni compris cette transformation.
‘Ils’ la prendraient elle. Malgré leurs lettres, le pharmacien n’avait rien fait, il n’était même pas venu leur présenter des excuses, ni ne leur avait promis de trouver un remède. Alors ‘ils’ se vengeraient. Cette nuit était la première nuit de pleine lune du mois, ‘ils’ allaient tuer trois nuits de suite, mais ‘ils’ commenceraient par elle. ‘Ils’ prendraient la personne la plus chère au cœur du pharmacien, alors ‘ils’ seraient un peu calmés. Il fallait qu’elle meure… et qu’elle souffre… oh oui qu’elle souffre !
‘Ils’ la garderaient en vie le plus longtemps possible, ‘ils’ lui feraient croire qu’elle peut courir, qu’elle peut s’enfuir, qu’elle peut s’échapper. Et ‘ils’ l’encercleraient, là-bas, dans la forêt, c’était le plan. Tout était prévu. Elle qui ne restait jamais en place, qui devait toujours sortir le soir, rejoindre la ville en voiture, quitte à devoir draguer les vieux célibataires du village pour y être conduite. Ce soir elle n’irait pas, ce soir elle avait rendez-vous avec la mort. Mais pour le moment elle l’ignorait.
‘Ils’ se déplacèrent furtivement dans tout le village, crevant les pneus de toutes les voitures, ou coupant des câbles du moteur à coups de griffes ; démolissant les lignes téléphoniques en les tranchant, afin que le village n’ait plus aucun moyen d’appeler du secours. Un cadavre passait encore, mais deux… les villageois appelleraient du renfort, de l’aide scientifique, ‘ils’ ne pouvaient pas se le permettre.
Après avoir coupé toute possibilité de contact avec l’extérieur, ‘ils’ se concentrèrent sur elle. Elle était sortie par la fenêtre de sa chambre, comme chaque soir.
Elle était très belle, comme à son habitude ; vêtue d’une légère robe de soirée rouge au décolleté plongeant dévoilant sa gorge… sa gorge… le sang à l’intérieur devait être tellement bon, si chaud… ‘Ils’ salivèrent. L’un d’eux ne put s’empêcher de rompre le cercle et de foncer sur elle. Elle hurla, et son cri se perdit dans la nuit. Elle se mit à courir, courir à perdre haleine, des points de côtés la faisaient souffrir mais ce n’était rien à côté de ce qui l’attendait. Elle courut le plus vite possible, le plus loin possible. Malheureusement pour elle, ‘ils’ étaient bien plus rapides. Elle tomba nez à nez avec
Certains d’entre eux plus d’une fois, et bifurquait pour les éviter. Elle ne se rendait pas compte qu’elle allait où ‘ils’ voulaient qu’elle aille. Elle entra dans la forêt, pensant se cacher dans les arbres. Haletante et transpirante, elle ne pensa pas au bruit qu’elle faisait en respirant, ni à son parfum enivrant qu’ ‘ils’ pouvaient sentir.
Au matin, elle fut découverte, sa robe du soir lacérée par la course et les griffes. Elle avait saigné, mordue au cou et rongée sur une grande surface. D’elle il ne restait qu’un visage griffé, des lambeaux de chair et un squelette quasi complet.
Le tueur psychopathe avait encore frappé.
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Je vais te tuer Invité

Faites le Mal, mais faites le bien !